Il faisait presque noir. C'était le matin, mon réveille venait de sonner. Alors que j'avais ouvert le volet pour voir la lumière du jour, le ciel était encore foncé et les rues encore sombres. En posant un pied par terre, puis l'autre, je m'étais assise sur mon lit. Les larmes aux yeux, j'avais mal. Je voulais juste me recoucher, repartir dans un sommeil profond pour ne plus jamais me réveiller. Je marchais vers la salle de bain, les cheveux mal coiffés. Une fois prête, il fallait que je parte au lycée. Les rues étaient désertes, c'était le néant dans ma tête. Je marchais tout droit en fixant le sol. La journée se passait dans les cours, les larmes, le mal, la déchirure, la haine. Et en rentrant le soir, je me recouchais en n'ayant qu'une seule crainte : celle de me réveiller le lendemain matin, car je savais que le lendemain, je me réveillerai dans le même état, passerai ma journée dans le même état, et me recoucherai dans le même état, avec toujours la même crainte.
Mademoiselle M.